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Par Dr Gozlan · 05/11/2026 9 min de lecture
Illustration colorée : œil stylisé, gouttes d'eau et écran d'ordinateur sur fond pastel

Yeux secs après une opération de la presbytie au laser : que savoir ?

Dr Gozlan
Dr Gozlan
Chirurgien-Ophtalmologue · Chirurgie Réfractive · Paris 16

Sensation de sable, picotements, vision qui se brouille par moments : après une chirurgie de la cornée au laser, ces signes de sécheresse oculaire sont fréquents. Ils méritent une attention particulière dans la chirurgie de la presbytie, qui concerne des personnes de plus de 45 ans, un âge où la sécheresse oculaire devient plus courante. Voici pourquoi elle apparaît, ce que disent les études sur sa durée, comment le bilan préopératoire en tient compte et ce qui aide au quotidien. Les données citées proviennent surtout d'études sur le LASIK ; les réponses propres à vos yeux sont données lors du bilan.

Pourquoi les yeux peuvent devenir secs après une chirurgie au laser

La surface de l'œil est protégée par un film de larmes, renouvelé à chaque clignement. Ce film dépend en partie des nerfs de la cornée : ils informent le cerveau que l'œil a besoin d'être humidifié, ce qui déclenche le clignement et la sécrétion des larmes.

La chirurgie de la cornée au laser, comme le LASIK, fait partie des causes reconnues de sécheresse oculaire, notamment parce qu'elle sectionne une partie de ces petits nerfs [2]. Après un LASIK, la découpe du volet cornéen est considérée comme la principale cause : la sensibilité de la cornée diminue, et avec elle les réflexes qui entretiennent les larmes et le clignement [3]. La forme de la cornée, modifiée par le traitement, peut aussi influencer la répartition du film lacrymal [5].

Ces mécanismes concernent aussi la chirurgie de la presbytie : le Presby-LASIK et la Presby-PKR traitent la cornée au laser, avec ou sans volet. Une sécheresse peut survenir après les deux techniques, avec des manifestations un peu différentes [7]. Les principes de chacune sont expliqués sur la page Les techniques.

Après 45 ans, une surface oculaire à examiner avec soin

La sécheresse oculaire est fréquente dans la population générale, et sa fréquence augmente avec l'âge. Une analyse de l'ensemble des études épidémiologiques, réalisée par le groupe international TFOS DEWS II, confirme cette progression avec l'âge, et montre qu'elle est plus fréquente chez les femmes, surtout à partir d'un certain âge [8].

Or la sécheresse présente avant l'opération est un facteur de risque majeur de sécheresse plus marquée après la chirurgie [5]. D'autres éléments peuvent fragiliser la surface de l'œil : le port de lentilles de contact, certains collyres, en particulier ceux qui contiennent des conservateurs, et certains médicaments pris par voie générale [2]. C'est l'une des raisons pour lesquelles l'âge seul ne suffit pas à dire si une chirurgie est possible (voir Opération de la presbytie après 60 ans : est-il trop tard ?).

Ce que l'on peut ressentir après l'opération

Les signes de sécheresse peuvent être variés :

La sécheresse ne cause pas seulement de l'inconfort : elle peut aussi réduire la qualité de la vision par des flous intermittents [1]. Elle fait partie des sujets à aborder pour avoir des attentes réalistes, au même titre que les halos la nuit (voir Conduite de nuit après Presby-LASIK).

Combien de temps dure la sécheresse ?

Juste après un LASIK, presque tous les patients ont un certain degré de sécheresse [4]. Une revue publiée en 2018 indique que les signes et les symptômes durent en général environ un mois, et qu'un petit nombre de patients en ont encore plus d'un an après l'opération [3].

Dans les études PROWL, menées avec la FDA auprès d'adultes de 21 à 57 ans opérés de LASIK pour myopie, hypermétropie ou astigmatisme, la fréquence des symptômes de sécheresse avait globalement diminué après l'opération. Mais parmi les participants qui n'en avaient pas avant, environ 28 % signalaient à 3 mois des symptômes de sécheresse, légers, modérés ou sévères [6]. Dans une autre étude, menée chez des militaires américains de 30 ans en moyenne opérés de myopie, une sécheresse chronique était présente 12 mois après l'opération chez 5,0 % des patients opérés de PKR et 0,8 % de ceux opérés de LASIK [7].

Ces chiffres viennent de populations plus jeunes que les personnes opérées de la presbytie : ils ne peuvent pas être transposés tels quels. La FDA rappelle que certains patients peuvent développer une sécheresse sévère, parfois permanente, qui demande un traitement prolongé [1]. La récupération dans son ensemble est décrite dans l'article Récupération après Presby-LASIK.

Sécheresse ou autre chose ?

Une douleur de la surface de l'œil qui persiste après un LASIK est considérée comme une entité différente de la sécheresse, liée à la façon dont les nerfs repoussent [3]. Toute douleur importante, rougeur marquée ou baisse de vision après l'opération doit être signalée rapidement au cabinet, sans attendre le prochain contrôle.

Avant l'opération : le rôle du bilan préopératoire

Les auteurs s'accordent sur un point : repérer une sécheresse avant l'intervention et la prendre en charge améliore le confort après l'opération [3, 4, 5]. Le bilan préopératoire comprend donc l'examen de la surface de l'œil, des paupières et des larmes, en plus des mesures de la cornée et de la vue.

Les examens préopératoires se font au 4, rue Donizetti, 75016 Paris, du lundi au jeudi de 9 h à 18 h, au moment qui vous convient. Le déroulement de l'intervention est décrit sur la page Le jour de l'opération, et les honoraires ainsi que la prise en charge sur la page Tarifs.

Après l'opération : ce qui aide le confort des yeux

Le traitement prescrit après l'intervention comprend en général des larmes artificielles. Il est important de suivre l'ordonnance et les consignes données au cabinet, et de ne pas arrêter les gouttes de soi-même. Si une sécheresse persiste, l'ophtalmologiste dispose de plusieurs options, choisies selon l'examen : larmes artificielles adaptées, traitements anti-inflammatoires, prise en charge des glandes des paupières (glandes de Meibomius), bouchons lacrymaux, ou encore collyres préparés à partir du sérum du patient dans certains cas [3, 11].

Écrans et lecture

Devant un écran, on cligne beaucoup moins : dans une étude ancienne, la fréquence de clignement était en moyenne divisée par cinq pendant le travail sur écran [10]. Un rapport international publié en 2023 retient surtout, pour limiter l'inconfort, de cligner pleinement, d'aménager son poste de travail et de faire des pauses régulières [9]. La reprise des écrans après l'intervention se fait selon les consignes du chirurgien.

Environnement

Ces gestes ne remplacent pas l'avis de l'ophtalmologiste : si la gêne persiste ou s'aggrave, il faut en parler lors du suivi.

Ce qu'il est utile de demander lors de la consultation

FAQ : yeux secs après une opération de la presbytie

Est-il normal d'avoir les yeux secs après une opération de la presbytie au laser ?

Oui, une sécheresse est fréquente après une chirurgie de la cornée au laser, en particulier dans les premières semaines [3, 4]. Elle fait partie des suites attendues et elle est traitée, en général par des larmes artificielles. Une douleur importante ou une baisse de vision doit en revanche être signalée sans attendre.

Combien de temps durent les yeux secs après un Presby-LASIK ?

Les études sur le LASIK indiquent que la sécheresse dure en général environ un mois, et qu'un petit nombre de patients en ont encore plus d'un an après [3]. La durée varie d'une personne à l'autre et ne peut pas être prédite avec certitude.

Peut-on se faire opérer de la presbytie si l'on a déjà les yeux secs ?

Cela dépend de l'importance de la sécheresse. Une sécheresse importante doit être prise en charge avant toute décision, et une sécheresse sévère fait partie des situations où une chirurgie de la cornée au laser n'est pas réalisée. C'est le bilan préopératoire qui permet au chirurgien de répondre pour vos yeux.

La sécheresse est-elle plus fréquente après un Presby-LASIK ou une Presby-PKR ?

Les deux techniques peuvent entraîner une sécheresse, avec des mécanismes et des manifestations un peu différents [7]. Les études comparatives portent surtout sur la myopie chez des adultes jeunes. Le chirurgien tient compte de l'état de la surface de vos yeux dans la technique qu'il propose.

Peut-on travailler sur écran avec les yeux secs après l'opération ?

Les écrans réduisent la fréquence du clignement [10], ce qui peut accentuer la gêne. Des pauses régulières, des clignements complets et les larmes artificielles prescrites peuvent aider [9]. Le moment de la reprise est fixé selon les consignes du chirurgien.

Sources

  1. U.S. Food and Drug Administration (FDA). LASIK: What are the risks and how can I find the right doctor for me? fda.gov. fda.gov
  2. Gomes JAP, Azar DT, Baudouin C, et al. TFOS DEWS II iatrogenic report. The Ocular Surface. 2017;15(3):511-538. PubMed 28736341
  3. Toda I. Dry eye after LASIK. Investigative Ophthalmology & Visual Science. 2018;59(14):DES109-DES115. PubMed 30481814
  4. Shtein RM. Post-LASIK dry eye. Expert Review of Ophthalmology. 2011;6(5):575-582. PubMed 22174730
  5. Ambrósio R Jr, Tervo T, Wilson SE. LASIK-associated dry eye and neurotrophic epitheliopathy: pathophysiology and strategies for prevention and treatment. Journal of Refractive Surgery. 2008;24(4):396-407. PubMed 18500091
  6. Eydelman M, Hilmantel G, Tarver ME, et al. Symptoms and satisfaction of patients in the Patient-Reported Outcomes With Laser In Situ Keratomileusis (PROWL) studies. JAMA Ophthalmology. 2017;135(1):13-22. PubMed 27893066
  7. Bower KS, Sia RK, Ryan DS, et al. Chronic dry eye in photorefractive keratectomy and laser in situ keratomileusis: manifestations, incidence, and predictive factors. Journal of Cataract and Refractive Surgery. 2015;41(12):2624-2634. PubMed 26796443
  8. Stapleton F, Alves M, Bunya VY, et al. TFOS DEWS II Epidemiology Report. The Ocular Surface. 2017;15(3):334-365. PubMed 28736337
  9. Wolffsohn JS, Lingham G, Downie LE, et al. TFOS Lifestyle: Impact of the digital environment on the ocular surface. The Ocular Surface. 2023;28:213-252. PubMed 37062428
  10. Patel S, Henderson R, Bradley L, et al. Effect of visual display unit use on blink rate and tear stability. Optometry and Vision Science. 1991;68(11):888-892. PubMed 1766652
  11. Amescua G, Ahmad S, Cheung AY, et al. Dry Eye Syndrome Preferred Practice Pattern®. American Academy of Ophthalmology. Ophthalmology. 2024;131(4):P1-P49. PubMed 38349301

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